Les "psys"

Un monde de flou

Quand une personne découvre le monde de la santé mentale, elle est parfois surprise par le nombre de professionnels différents qui prétendent pouvoir prendre en charge les difficultés psychologiques et relationnelles. Tout ce beau monde utilise en général un titre censé apporter une certaine crédibilité à son « détenteur ». Pourtant les titres de psychanalyste, coach mental ou thérapeute par exemple ne sont pas protégés ce qui signifie que n’importe qui peut les utiliser sans aucune condition préalable. Cet état de fait rend encore plus vulnérables des personnes déjà fragilisées. Nous nous proposons de dresser un panorama de la situation en soulignant les pièges et les informations auxquels il convient de faire attention lorsqu’on choisit son thérapeute.

 

« Je suis psy ! » - « Ah bon ? Quel psy ? »

Pour commencer, l’appellation « psy », terme générique et populaire qui veut dire plus ou moins tout mais surtout n’importe quoi, n’est en aucune façon un gage de qualité. Ce diminutif générique qui « simplifie » la vie des patients renvoie à des réalités bien différentes. Tous les professionnels qui se réclament de ces fameuses 3 lettres n’ont pas la même formation (quand ils en ont une), ni les mêmes compétences. Si une personne se dit « psy » sans préciser son titre réel, il est important de se renseigner sur le diplôme qu’elle a obtenu ou éventuellement sur la formation qu’elle a suivie.

Tout le monde peut se dire psy

Le critère de choix le plus important : le titre protégé !

Comme dit précédemment, tous les titres ne sont pas protégés. A l’heure actuelle en Belgique et dans de nombreux autres pays, les titres protégés sont les suivants : médecin psychiatre, psychologue et psychothérapeute. Ils sont protégés par la loi, c’est-à-dire que l’Etat exige que les personnes qui en font l’usage remplissent certaines conditions notamment au niveau de la formation. L’autre avantage est que ces professionnels sont dans l’obligation de suivre un code de déontologie consultable par les patients qui protègent encore mieux ces derniers de possibles dérives. Si vous cherchez une aide, il est indispensable que votre thérapeute dispose d’au moins un de ces titres. Il s’agit du principal critère qui vous permettra de suivre une thérapie qui soit encadrée et, au moins en théorie, de qualité.

 

Le cas des titres multiples : « Je suis psychologue clinicien, psychothérapeute et systémicien »

Nous avons vu que le mot « psy » était un concept très flou et que certains titres étaient protégés et d’autres non. Pour encore compliquer les choses, sachez que certains thérapeutes utilisent plusieurs titres mais que parfois le titre qui est le plus mis en avant n’est pas nécessairement celui qui est protégé. Par exemple, un psychiatre qui serait également psychanalyste pourrait mettre en avant ce dernier titre, non protégé, plutôt que sa spécialisation médicale. Ici aussi, le plus important reste de savoir si la personne dispose d’un titre protégé. Quand on vous dit que c’est compliqué !

 

Les titres protégés

Nous avons vu que le titre protégé était un gage de sécurité et d’une certaine qualité. Pourtant, les trois titres reconnus par l’Etat belge ne recouvrent pas les mêmes réalités. Ces différences sont importantes et permettent de faire un choix éclairé. Nous allons voir que les psychiatres et les psychologues ont des formations clairement identifiées tandis que les psychothérapeutes ont une formation plus aléatoire.

 

Psychiatre

Les conditions : Le titre de psychiatre est porté par le détenteur d’un master complémentaire en psychiatrie (5 ans) consécutif à un master en médecine (6 ans et anciennement 7 ans) qui s’est dument inscrit auprès de l’ordre des médecins. Il s’agit donc avant tout d’un médecin spécialisé dans le domaine de la santé mentale.

La formation : La formation de base (master en médecine) est médicale et donc scientifique. Le master complémentaire en psychiatrie consiste principalement en des stages au cours desquels le futur praticien est formé à la prise en charge de maladies et de troubles psychiatriques. La vision de la psychiatrie est avant tout une vision médicale fondée sur des maladies.

Compétences : Du fait de sa formation le psychiatre est le seul à pouvoir prescrire des médicaments. Il possède une très bonne connaissance des maladies psychiatriques, de leur prise en charge ainsi que du fonctionnement général du corps humain.

Dans la pratique : Le psychiatre peut exercer dans le cadre d’une institution ou dans le cadre d’une consultation (privée ou non). Au sens strict, il s’occupe principalement de l’aspect médical des maladies mentales mais de nombreux psychiatres prennent en charge des troubles psychologiques en effectuant des psychothérapies.

Formations complémentaires : Certains psychiatres se forment à une approche psychothérapeutique particulière (Principalement : psychanalytique, systémique ou cognitivo-comportementale) et disposent donc d’un ou plusieurs titres complémentaires. D’autres, sans suivre de formation, s’en inspirent fortement dans leur prise en charge.

Avantages et inconvénients : Ils ont une formation médicale très poussée et, de ce fait, une très bonne compréhension du fonctionnement biologique de l’humain. Leurs connaissances du fonctionnement psychologique sont plus aléatoires puisqu’elles dépendent peu de leur formation.

 

Psychologue

Remarque préalable : La psychologie est une discipline vaste qui ne fait pas que prendre en charge la souffrance psychologique. Il existe des psychologues qui s’intéressent au fonctionnement humain normal et pathologique, aux phénomènes de groupe, au monde du travail et à l’exploration des dimensions biologiques du fonctionnement psychologique. Ces différentes dimensions se recoupent et tous les psychologues ont des notions dans tous ces domaines. Néanmoins, les psychologues cliniciens (titre reconnu) sont les seuls à être formé à la prise en charge psychothérapeutique. Le reste de notre description les concerne directement.

Les conditions : Le titre de psychologue (clinicien) est porté par le détenteur d’un master en psychologie (clinique) (2 ans) consécutif à un bachelor en psychologie (3 ans) qui s’est dument inscrit auprès de la commission des psychologues.

La formation : La formation de base donne de solides connaissances dans le domaine du fonctionnement psychologique que ce soit celui d’individus ou de groupes. Le master en psychologie clinique, constitué à la fois des cours théoriques et de stages, permet d’approfondir les aspects pratiques et théoriques de la prise en charge des souffrances psychologiques.

Compétences : Le psychologue clinicien est formé principalement à l’entretien clinique. Son outil de travail privilégié est la parole. Ils disposent également des compétences nécessaires pour faire passer des tests psychologiques (intellectuels, de personnalité etc.).

Dans la pratique : Le psychologue clinicien peut exercer dans le cadre d’une institution ou dans le cadre d’une consultation (privée ou non). Il s’occupe principalement des problèmes psychologiques (qu’ils soient liés à une maladie psychiatrique ou non) en effectuant des psychothérapies ou des thérapies de soutien.

Formations complémentaires : De nombreux psychologues se forment à une approche psychothérapeutique particulière (Principalement : psychanalytique, systémique ou cognitivo-comportementale) et disposent donc d’un ou plusieurs titres complémentaires. D’autres, sans suivre de formation, s’en inspirent fortement dans leur prise en charge.

Avantages et inconvénients : Ils sont spécialisés dans la prise en charge de personnes ayant des problèmes psychologiques. Leurs connaissances du fonctionnement biologique de l’être humain sont plus aléatoires puisqu’elles dépendent peu de leur formation.

 

Psychothérapeute

Remarque préalable : Jusqu’à récemment le titre de psychothérapeute n’était pas protégé en Belgique. N’importe qui pouvait le porter. Les informations qui suivent ne concernent que la situation postérieure à cette reconnaissance.

Les conditions : Le titre de psychothérapeute est porté par le détenteur d’une formation reconnue en psychothérapie (durée variable). Ces formations sont accessibles (certaines sont restrictives d’accès d’autres moins) aux personnes au minimum titulaires d’un bachelor dans le monde de la prise en charge psychosociale (Par exemple, les infirmiers, les assistants sociaux etc.). Les psychiatres et les psychologues peuvent bien sur également y accéder (La formation cognitivo-comportementale n’est par exemple accessible qu’à ces derniers).

La formation : La formation de base est assez aléatoire puisqu’elle dépend du diplôme obtenu précédemment. Les connaissances acquises au cours des formations dépendent également du type d’orientation choisie (formations reconnues : psychanalytique, systémique ou cognitivo-comportementale). Ces différentes approches n’ont pas les mêmes exigences en termes de validité, de résultats et de respect de la rigueur scientifique.

Compétences : Le psychothérapeute a une très bonne connaissance de sa formation de base sans pour autant avoir des bonnes bases générales.

Dans la pratique :

Formations complémentaires :

 

Les titres non protégés

Psychanalyste

Systémicien

Thérapeute comportementaliste (ou cognitivo-comportementaliste)

Coach mental